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Tribune : "L'Europe ajoute de la confusion sur les stages", par Génération précaire

"Le 4 décembre dernier, l’Europe a annoncé ses recommandations en matière de stages de qualité. Dispositions qui selon le principe de subsidiarité devront être mises en œuvre dès 2014 par la France dans le cadre de la « garantie jeunesse », train de mesures annoncées en avril 2013 par les Etats membres afin de remédier au désastre du chômage des jeunes.
A la lecture de ces recommandations, GP est cependant sceptique :
« On entend par «stage» une période de pratique professionnelle limitée dans le temps, convenue entre un stagiaire et un fournisseur de stage sans intervention d’une tierce partie, comportant une dimension pédagogique et visant à permettre au stagiaire d'acquérir une expérience professionnelle avant d’assumer un emploi à part entière (…) Elle ne concerne pas les stages pratiques qui relèvent d’un cursus universitaire ou de l’enseignement formel ou professionnel. »
Le stagiaire est-il un étudiant ou un salarié ? La voix de GP est pourtant claire, à l’unisson de l’ensemble des partenaires sociaux : un étudiant devant pouvoir bénéficier dans le cadre de son stage d’un statut intégré au droit du travail. L’interdiction des stages hors cursus, obtenue dès 2006 avec la loi sur l’égalité des chances, confirme cette position. Alors, stage hors cursus, possible ou pas possible ?
« On aura à veiller à la bonne traduction en France [de la « garantie jeunes »] , c’est-à-dire de permettre à un jeune, sorti depuis quatre mois d’un système de formation, ou de bénéficier d’un accompagnement supplémentaire en termes de formation ou d’un emploi ou d’un stage. »
L’Europe ouvre les yeux sur le désastre du chômage des jeunes, et c’est bien. Les solutions proposées sont néanmoins elles-mêmes désastreuses : L’Union Européenne affirme qu’un stage hors cursus est une solution. Autrement dit la variable d’ajustement d’une courbe du chômage qui ne veut pas décroître.
GP alerte sur les risques de précarisation croissante de la jeunesse et rêve du jour où il sera normal de proposer à un jeune diplômé…simplement un emploi !
Proposer à un jeune un stage après la fin de ses études revient à substituer un emploi par un stage, à produire un chômeur – et un exploité – de plus.
L’effort de compréhension des mécanismes du stage dans le parcours d’insertion professionnelle des jeunes est louable. Il masque encore et toujours l’absence de volonté d’agir durablement en la matière.
GP ne baisse pas la garde et demande encore et toujours satisfaction de ses revendications.."

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